Biographie

Début du texte réalisé à partir d’un projet de biographie de Dominique Faugnatti pour l’Anthologie de la poésie calédonienne. Photo d'en-tête, par Sia Sarima.

 

D’océan en océan

Damien Faugerolles a 24 ans lors de son arrivée en Nouvelle- Calédonie en 1983.

Ayant, dit-il dans un de ses poèmes, cassé le moule qu’on lui destinait «l’enfant sage le bon élève, le futur cadre» et rompu avec les études, il passe des vignes médocaines aux cocoteraies du Sud calédonien, abandonne le pogo des punks pour le yoga et la méditation, les classes de ses parents instituteurs pour celles de la DEC où il enseigne les mathématiques, les rouleaux de l’Atlantique pour les cités de coraux tropicales du Pacifique...

En veine de poste, s’accommodant mal de la vie citadine qui n’était pas le but du voyage, il quitte le climat délétère des”évènements” avec son couvre-feu à 22h, les embouteillages quotidiens, les fumées toxiques, la vie chère et autres agréments du monde dit civilisé. Et ce n’est pas une petite rupture: durant plus d’un an il robinsonnera avec un ami dans la baie de Kwakwé (Kuakué), immense site de nature quasi vierge, au cœur de la Côte oubliée. Puis il gagne la Baie de Pourina pour y vivre loin des routes et de l’agitation une existence rythmée par les saisons et les marées.

L’opportunité d’être directeur du GOD de Tuauru/Yaté offre les moyens de construire une maison, et d’acheter le matériel qui permet une expérience de vie hors norme, sans route, ni frigo, ni télé, ni tondeuse, ni aucun autre outil «à explosions», qui durera de 1992 à 2004.

Quand s’élèvent deux cases et que prospère l’igname, certains vieux de Yaté en visite n’hésitent pas à affirmer: «Damien, tu es plus kanak que nous, tu vis la vie de nos vieux !»

Lorsque s’espacent les visites de Shantou, sa compagne, retenue à Bourail par le réseau serré des relations familiales, il expérimente de longues périodes de solitude endimanchée par les rares visites d’amis et de randonneurs qui apprécient l’hospitalité de la case célébrée dans un poème éponyme.

“Enceinte chaude et close comme un envers du monde

Y tourne la parole que le calme féconde”

Artiste

Nouvelle rupture! Dam le poète convainc Damien l’ermite d’abandonner son paradis pour éditer ses écrits. En 2006 il imprime artisanalement six Kahiers sauvages et présente le septième lors du Salon International du Livre Océanien à Hienghène.

Membre du club des Amis de la Poésie, il est l’invité du N° 30 de leur revue Orphée. Il participe à de nombreuses manifestations culturelles: Carrefour des Arts, Printemps des poètes, Semaine de la francophonie, Art’icules, Cafés Artistiques... et fait une brève apparition sur le tournage du film: Louise Michel.

En 2008, les projets personnels cèdent la place à une énorme tâche: la rédaction du premier numéro d’un guide touristique gratuit: Le Globe-Trotter Nouvelle-Calédonie. Dès sa sortie, ce livre de 240 pages tiré à 20000 exemplaires remporte un vif succès autant auprès des professionnels que des touristes en puissance... ou en voyage.

Cette réalisation des éditions Allure est distribuée dans les offices du tourisme et les Points i calédoniens ainsi qu’en Métropole via la Maison de la Nouvelle-Calédonie.

Le Globe-Trotter N-C est réactualisé chaque année.

Fin du texte réalisé à partir d’un projet de biographie de Dominique Faugnatti pour l’Anthologie de la poésie calédonienne. La suite est autobiographique.

Au Vanuatu

En fin d’année 2009, je suis mon amoureuse, une Allemande globe-trotteuse, vers son pays de prédilection: le tout proche Vanuatu. Cet archipel situé au nord-est du Caillou compte plus de quatre-vingts îles formant un Y de près de 900 km de long. La république du Vanuatu, indépendante depuis le 1980, est le plus petit état mélanésien. De part sa position en bordure de fosse océanique entre la plaque tectonique australo-indienne et la plaque pacifique, l’activité volcanique y est incessante et les tremblements de terre nombreux.

En dehors des quelques villes du pays (Port-Vila, la capitale, sur Efate, Luganville sur Santo, Lenakel sur Tanna…) la population des îles mêne une vie traditionnelle très authentique au sein d’une nature luxuriante. Je travaille dans le tourisme, d’abord pour Trek Vanuatu puis en créant Hapy Vanuatu. Marketing (réalisation de sites web, de brochures, etc.), organisation de tours, accompagnement des touristes… Mes activités concernent surtout l’île de Tanna dont le célèbre volcan Yasur, le plus facilement accessible du monde, assure un spectacle pyrotechnique permanent au moins depuis deux siècles, l’île d’Ambrym dont la caldeira contenant plusieurs cratères se gagne par une grimpette de plusieurs heures en pleine jungle, l’île de Santo, la plus vaste du Vanuatu recelant de magnifiques plages, des trous bleus enchâssés dans une nature exubérante et des spots de plongée mondialement connus, et aussi Mallicolo, Epi, Paama… Le souvenir le plus fort, la chance de pouvoir assister au Nekowiar de Green Point au sud de Tanna en 2010. Trois jours de cérémonies, chants, danses, tuerie de cochon… très authentiques, impliquant femmes et hommes de toute l'île. De cette expérience extraordinaire, j'ai tiré un récit qui n'a pas été encore publié.

En revanche, le récit d'une visite du volcan d'Ambrym et celui d'un tour d'Epi à pied furent publiés dans le magazine de bord d'Air Vanuatu.

Cette période très dépaysante et intéressante n’est cependant guère profitable pécuniairement et je couvre tout juste les frais (permis de séjour et permis de travail entre autres). Pour ces deux documents magiques, j’accepte un poste de précepteur pour deux enfants, deux cousins de 10 et 14 ans. La maman du plus jeune, un blondinet intrépide hyperactif, et tante du plus âgé, petit loubard en rupture d’école m’a embauché à peu près au même tarif que la femme de ménage. La période d’école dans deux villas de luxe consécutives, à Bellevue puis Bukura, sera couronnée par un tour de l’île d’Epi avec enfants et house-girl, assez épique, à la fin duquel nous rejoins le papa, riche propriétaire champenois fuyant la fiscalité française jusque sous ces cieux exotiques.

Les enfants retournant à un système scolaire plus académique, je sers de d’accompagnateur ou mêne moi-même des explorations, en vue d’évaluer le potentiel de propriétés dont certaines sont des îles entières. Une de ces propriété que je visite à deux reprise est pressentie avec l’objectif de relancer la production de cacao en l’améliorant notablement. Elle se situe sur la côte Est de Mallicolo, à Dixon Reef. Au cours de mon second séjour, les coutumiers annoncent qu’ils n’autorisent pas la vente. Les négociations s’éternisent…, des recours sont envisagés… Je mets à profit ce temps mort pour étoffer un dossier sur l'histoire d'un personnage historique vanuatais au destin tout à fait fascinant, Roy Mata.

Le cyclone Pam en mars 2015, laisse un paysage dévasté duquel tout le monde émerge vivant et illuminé par ce superbe sourire vanuatais qui brave la mort. Je lis quelques textes inspirés par le cataclysme à la fondation Suzanne Bastien, lors d'une grande soirée destinée à la collecte d'aides pour les victimes.

Revenant sur la Caillou pour une tournée d’actualisation du Globe-Trotter et ne trouvant pas de moyen administratif immédiat pour rester au Vanuatu, j’accepte une proposition qui me permettra de vivre dans un environnement que je connais bien: le sud calédonien.

Au cœur du paradoxe

Franck, le responsable d’un élevage de picots (un délicieux poisson) aux prises avec un mineur qui squatte le terrain de son entreprise m’offre un logement en échange d’une simple présence. Les autorités compétentes ont trouvé bon de faire cohabiter ici deux formes de développement inspirées par des philosophies quasi-antagonistes…

Il s’agit de deux bungalows, situés au bord d’une petite plage abritée de la baie N’go, dévolus aux employés qu’il a du licencier. Je gagne un petit jardin sur la brousse, construit une cuisine extérieure en matériaux naturels, retrouve les réflexes du pêcheur à l’épervier et, dans un registre plus intellectuel, je classe et mets à jours d’anciens textes et en rédige quelques nouveaux.

Je reste au bord de cette plage, jusqu’en avril 2018, avec une coupure de quelques mois chez une amoureuse à Dumbéa rivière, au cours de laquelle je crée un joli jardin, et un séjour d’un mois au Vanuatu, au cours duquel j’abandonne tout espoir de m’occuper un jour de Dixon Reef. Côté picots, l’entreprise périclite engluée dans les procédures judiciaires qu’elle n’a plus les moyens de supporter. Les sorties, traditionnellement hebdomadaires, au kava du Bois Doré s’espacent et le courant électrique se raréfie à quelques heures par jour. L’ambiance générale n’est pas très joyeuse, aussi, j’accepte la proposition de nouveaux amis qui me sont présentés par Aka, l’artiste: Je vais garder leur propriété pendant un an tandis qu’ils partiront pour un grand voyage en Australie, France métropolitaine, et pour le plat de résistance Amérique du Sud.

Mouirange

Pendant un an tout rond, j’enfile des pantoufles de retraité, passant de ma cuisine couverte en feuilles de la baie N’go à la télé au pied du lit et la plaque en vitrocéramique pour la cuisson par induction…

Les Hobbits de Mouirange, comme je me plais à les surnommer, Béa et Jean-Paul, lors de notre toute première rencontre, m’ont confié maison, chien, chat, locataires… et à la seconde, la voiture utilitaire et leurs bons espoirs. Ils ne m’avaient jamais vu de leur vie avant ça. Mais leur fils était passé me voir à la Pourina et ils avaient fait la connaissance de ma fiancé de l’époque dans l’avion qui les emmenait en Kalédonie, la petite. Ici j’ai l’internet qui fonctionne à peu près ce qui donne lieu à une aventure tout à fait inédite pour moi. Sous l’impulsion d’Aka, encore elle, je fais la connaissance de Béatrice Camallonga par réseau social interposé. Elle m’envoie, en pièces jointes, des « ipadraws » qu’elle imprime habituellement sur plexi et m’explique la règle du jeu: une version imprimée avec un texte pour chaque visuel. Bien des mois de travail (écriture, présentation écran, PAO, relation avec l’imprimeur) et des centaines de mails plus tard, Aka et Béatrice passent à la maison avec EscaPad, un croisement d’art très réussi. Nous avons fait ce bouquin, Béa et moi, sans jamais nous rencontrer en vrai.

En parallèle, je continue de travailler

EscaPad

Les filles ont assuré la distribution et la promo. Je passe à la télé dans une des dernières émission #le-lien. La joie de présenter le bouquin est enrouée par la tristesse d’avoir appris la mort si stupide et tragique d’Aka quelques semaines plus tôt.

C’est de la maison de Béatrice à Lifou que je fais la mise à jour de cette biographie. Nous avons fait connaissance et animé quelques classes de collège autour du bouquin avant son départ pour la durée des vacances scolaires vers la Polynésie.

Je goûte le calme et la tranquillité de la vie de cette île, sans trop savoir laquelle m'attirera demain…

Publications

Les Kahiers Sauv@ges :

Les Kahiers Sauv@ges étaient des livrets brochés d'une quarantaine de pages publiés en auto-édition.

 

2005 octobre

N°0 Je dénonce (Inkomania) regroupe trois lettres ouvertes au sujet du projet Goro-Nickel, adressées au maire du Mont-Dore, au président de la province Sud et au haut commissaire de la république. Les inepties, et les dangers éventuels du projet industriel…

 

2006 février, rééditions en mai et en octobre.

N°1 Chansons à lire, recueil de chansons qui animèrent bien des soirées pouriniennes, présenté en avant première au festival des arts de Nouméa, organisé par l'association Kassiopée.

 

2006 mai

N°2 Boomerang, conte pour ados de tous âges, traitant de la diversité culturelle dans un monde imaginaire océanien. Deux jouvenceaux passent en des circonstances bien mouvementées le cap de l’enfance et nous nous questionnons sur la force de nos rêves, les convictions des autres et surtout... sur nous-mêmes...

 

2006 juin

N°3 Gogos et gagas, les trois longs poèmes de cet ouvrage sont suivis de quelques textes au sujet des problèmes posés par le projet de l’usine du Sud.

Gogos et gagas fait le récit du grand écart entre le paisible ermitage et le site industriel.

Marylin décrit l’intimité d’une soirée que l’ermite ferait bien basculer dans le libertinage...

Le Retour de Marylin est l’occasion pour le vieux chef de conter comment la vie du Sud est rythmée encore aujourd’hui par l’éternel cycle des ignames.

 

2006 août

N°4 Sous la langue, un essai illustré d'histoires, souvent autobiographiques, et présentées

avec humour pour illustrer des notions simples sur la communication défrichées par la célèbre école de Palo Alto. Il s’agit de mieux comprendre ce que nous faisons quand nous parlons... ou nous taisons, de démonter les mécanismes réactionnels qui nous entrainent dans la répétition de séquences désagréables ou désespérantes.

Une invitation à la conscience et à la responsabilité pour une vie plus harmonieuse.

 

2006 septembre

N°5 Poésies d'une vie présente les poèmes courts, et même très courts, écrits pour la plupart à Puruwa.

Inspirés par les émotions, les sentiments de ma propre existence, ou au contraire par un regard sur le monde d’où je m'étais abstrait, ils sont rejoints par quelques joyaux tapés plus récemment directement à l’ordinateur comme La Kase ou Océanîle.

Ces poèmes furent présentés au cours de soirées au Piano-Bar chez Paillard, sous l’égide de l’Association des amis de la poésie.

 

2006 décembre

N°6 Petites nouvelles kruelles, humour noir et rire jaune, contradictions et paradoxes, rebondissements et coups tordus… juste pour le plaisir.

 

2007 octobre

N°7 Le conte est bon. Avec Le conte est bon, Dam nous entraîne à nouveau dans son imaginaire luxuriant. Dans cette histoire, il est question de la genèse des chiffres et des lettres que l’auteur, de formation scientifique rappelons-le, se fait un plaisir d’inventer… quelle drôlerie, quel voyage délirant vous attend ! Christine Fabre

Autres publications

En 2006, j'ai participé aux revues Sillages d'Océanie, publiée par l'association des écrivains de Nouvelle-Calédonie et Orphée du club des amis de la poésie et j'ai eu droit à quelques pages dans l'anthologie de la poésie calédonienne parue quelques temps plus tard.

 

Depuis 2009, je suis le rédacteur du Globe-Trotter Nouvelle-Calédonie, guide touristique gratuit édité localement par les éditions Allure, mis à jour et publié à plus de 20 000 ex chaque année.

 

Au Vanuatu, dans les années 2010, deux articles illustrés de photos furent publiés et re-publiés dans la revue de bord d'Air Vanuatu, Island Spirit : Epi sans grain, qui narre une randonnée familiale sur l'île d'Epi au nord de la province de Shefa et Trek à Ambrym, relatant une expédition sur le volcan de l'île noire.

 

En 2012, la nouvelle La croix et la manière obtient le prix spécial du jury du concours d'écriture organisé conjointement par la Maison du Livre de Nouvelle-Calédonie et par la Croix Rouge sur le thème : la rencontre avec la différence, une source d'enrichissement.

 

En 2019, publication d'EscaPad, livre réalisé avec Béatrice Camallonga l'inventrice des ipadraws, graphismes sur photo. Les visuels du carnet de voyage calédonien sont illustrés par des textes courts humoristiques ou poétiques.

Soumettre une catégorie

Suppression du compte

Pour quelle raison souhaitez-vous nous quitter ?
Exprimez-vous
Souhaitez-vous que Artistes NC conserve vos pages dans le cas d'une réinscription future ?

Rapporter un bug

Merci !

Rejoignez notre communauté et encouragez d’autres artistes à participer 

Suivez-nous

Partagez ce concours

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur pinterest
Partager sur linkedin
Partager sur email

Abonnez-vous

Gestion du compte